Fadila Laanan (PS), secrétaire d’Etat en charge de la Propreté publique, a présenté une réforme qui vise à améliorer la collecte des déchets en Région bruxelloise. À peine exposée au public, la réforme suscite déjà plusieurs critiques. Mais en quoi consiste-t-elle concrètement ?
Deux éléments au niveau de la collecte des déchets à Bruxelles seront réorganisés à partir de janvier 2016 :
- La collecte des sacs bleus, jaunes et blancs sera organisée, un jour par semaine. Pratiquement, ce qui va changer, c’est donc la suppression du deuxième jour par semaine de la collecte des sacs blancs, ainsi que le regroupement de la collecte des sacs jaunes et bleus (qui actuellement sont collectés une semaine sur deux, en alternance),
- Un sac orange fera son apparition pour la collecte des déchets organiques. Celui-ci sera ramassé le même jour que les sacs verts. L’utilisation de ce nouveau sac est déjà testé sur base volontaire par les habitants des communes d’Evere et d’Etterbeek depuis septembre 2013.
Une réforme pour plus de propreté
Noémie Roger, conseillère Propreté publique, Collecte et Traitement des Déchets au cabinet de Fadila Laanan, nous assure de la nécessité de ce changement, et ce pour différentes raisons. La collecte en alternance des sacs jaunes et bleus ne fonctionne pas. Pour preuve, en 2014, 150.000 autocollants ont été apposés par Bruxelles Propreté sur les sacs qui étaient sur le trottoir le mauvais jour. Le nombre de calendriers de collecte commandés par les Bruxellois ne diminue pas, ce qui montre leur méconnaissance des horaires de collecte.
En mettant en application cette réforme, trois objectifs sont visés : une simplification organisationnelle pour les Bruxellois, plus de propreté publique dans les quartiers et une amélioration du tri.
Autre raison pour expliquer la mise en service du sac orange pour collecter les déchets organiques, concerne l’obligation, d’ici 2020, que 50% du total des déchets collectés soient préparés au réemploi et au recyclage. Aujourd’hui on atteint les 33%, un effort considérable doit donc encore être fait ces cinq prochaines années.
« Une réforme pas optimale »
Mais ces propositions ne plaisent pas à tout le monde. Selon Arnaud Pinxteren (Ecolo), si la démarche va dans le bon sens, il n’est pas certain qu’elle permette de rencontrer les objectifs de valorisation des déchets que la Région s’est fixée pour l’horizon 2020. L’instauration de ce nouvel horaire et de ce sac orange renforcerait le problème de stockage des déchets et des odeurs chez les gens. Pour lui, il aurait fallu aller plus loin au niveau de la collecte des déchets organiques, par exemple, en développant des collectes de déchets organiques plus collectives, grâce à des composts de quartiers, des endroits où les gens pourraient déposer leurs déchets organiques, qui sont généralement les plus odorants.
Du côté du syndicat SLFP de Bruxelles Propreté, Michel Piersoul se dit « extrêmement énervé » par la manière dont le projet se met en place. D’abord parce qu’ils n’en ont pas été personnellement informés, ensuite parce qu’aucun test pour vérifier sa faisabilité n’a été réalisé au préalable. Des actions sont à envisager.
Si cette réforme a pour ambition de perfectionner le système de collecte des déchets dans la capitale et la rendre plus propre, tout le monde n’est pas encore convaincu. Il faudra attendre l’année 2016 pour évaluer l’efficacité de ces changements.